Il nous faut beaucoup d’imagination pour affronter une révolution

© Dessin : Corine Eugene dit Rochesson
© Dessin : Corine Eugene dit Rochesson

Pour Fabian Charles, mon plus vieux ami.-

En réponse à La Révolution Anonyme

Il nous faut beaucoup d’imagination pour affronter une révolution, car son cours n’obéit pas à une trajectoire régulière ou actuelle. Elle avance par saccades, reculs et bonds en avant. Elle se manifeste par des sauts d’énergie et des renversements dialectiques. Convenons d’abord que nous nous approchons à pas de géant d’un stade entièrement nouveau d’une révolution au delà des évolutions éco-techniques – de stades super-industriel – pourrions-nous alors percer un jour la signification de notre époque ? Acceptons donc l’hypothèse révolutionnaire et nous pourrons donner libre cours à notre imagination de manière à être capables d’affronter l’avenir. À nous autres, petits gens, l’avenir est la Grande Cause. Notre révolution est une révolution de la Paix. C’est notre victoire sur l’avenir. Espérons le…

Toute révolution est synonyme de nouveauté. Elle fait couler à flots l’inconnu dans la vie d’individus innombrables en les mettant en présence d’institutions inhabituelles et des situations inédites. Les changements qui nous guettent nous atteindrons jusqu’au cœur de notre vie personnelle, car ils métamorphoseront les structures familiales et les attitudes sexuelles traditionnelles, font voler en éclats les rapports conventionnels entre les jeunes et les vieux, pulvériseront les valeurs qui s’attachent actuellement à l’argent, au succès et modifieront les travaux, l’éducation jusqu’à les rendre méconnaissables. Bien plus, tout cela se déroule au milieu de ces progrès scientifiques spectaculaire, brillants et pourtant terrifiants.

Rien ne dure… les choses changeront ou sont en train de changer, pour le meilleur ou le pire, seul l’éphémère est là pour rester, les éphémérides sont les premières clés pour notre société, notre nouveauté en est la seconde. Par-là bien des membres de ce monde super-informatisé et modernisé ne se sentiront jamais chez eux. Semblables à des voyageurs qui, à peine installés dans un pays étranger, à peine leur adaptation terminée, découvrent qu’ils doivent le quitter pour un autre puis un autre encore, et un autre ensuite, ils finiront par avoir l’impression d’être des étrangers sur une terre étrangère.

Le changement est à même d’éliminer la faim, la maladie, l’ignorance et la brutalité dans notre cité, sans être obligé de marcher dessus en simulacre de sud au nord. En outre, en dépit de toutes prophéties pessimistes des penseurs à œillères, il en mutilera pas l’être humain, il ne l’écrasera pas dans un monde uniforme, pénible et grisâtre. Bien au contraire, il regorgera de possibilités nouvelles d’épanouissement personnel, d’aventure et de plaisir. Il sera haut en couleur et ouvrira un champ immense à l’originalité. Le problème n’est pas de savoir si nous pouvons survivre à l’embrigadement et à la standardisation, mais bien, comme nous le verrons, de découvrir s’il peut maîtriser notre propre liberté

Et pourtant, nous avons droit à une seule première et à une seule dernière fois pour se trouver l’ultime place, réellement plonger dans ce monde grouillant de nouveauté. Vivre à un rythme accéléré, c’est une chose quand on a affaire à des situations plus ou moins non-familières, mais c’en est un autre complètement différent quand il faut affronter des circonstances neuves, étranges et jamais rencontrées.

En lâchant les forces de l’inconnu, nous nous catapultons dans le royaume de l’inhabituel et de l’imprévisible et, ce faisant, nous aggravons encore plus dangereusement les problèmes inhérents à l’adaptation, l’assimilation ou l’allégeance requise, car notre jeunesse si naïve, dépourvue d’âpreté de vie constitue un mélange explosif.

Tout cela peut sembler discutable, certes; aussi il importe que nous examinions ensemble certaines des innovations à venir. En joignant à l’analyse rationnelle toutes les qualités d’imagination dont nous sommes capables, projetons-nous d’un coup d’aile dans nos révolutions sans noms, sans âges, sans craindre de nous égarer parfois – l’imagination n’est libre que lorsque la peur de l’erreur  est momentanément écartée. Quand on spécule sur l’avenir, mieux vaut le faire par audace que par prudence. La raison en saute aux yeux dès qu’on commente le temps au présent.-

Thélyson Orélien

Montréal, 27 Janvier 2013

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